Visite du festival @ PhotoSaintGermain
Point de rendez-vous au : 14 rue Bonaparte
75006 Paris
PRÉSENTATION
Les Amis du Palais de Tokyo découvrent les expositions des galeries du Crous de Paris, Berthet-Aittouarès et Madé, dans le cadre d'un parcours de visite photographique au coeur du quartier Saint-Germain-des-Prés.
Chaque année, au mois de novembre, PhotoSaintGermain réunit une sélection de musées, centres culturels, galeries et librairies autour d’un parcours photographique riche et éclectique – une programmation proposée à la fois par les galeries et institutions associées et par l’équipe du festival, à travers des expositions inédites.
Le festival s’ancre dans une géographie particulière, riche en histoire et en culture, celle de Saint-Germain-des-Prés, et cherche à rassembler et associer l’ensemble des acteurs qui constituent cette géographie. L’adhésion forte des acteurs du quartier à cet événement devenu un temps fort du mois de la photo parisien a montré la capacité des galeries et des institutions à se fédérer autour d’un medium. Avec le soutien fidèle d’institutions parisiennes et de partenaires, PhotoSaintGermainaccueille un public francilien, en plus des professionnels de la photographie, des collectionneurs et des publics amateurs de visites en galeries et musées.
En écho à ces expositions, dans une volonté de donner à entendre celles et ceux qui font et pensent la photographie aujourd’hui, PhotoSaintGermain propose également un programme associé de rencontres, projections, signatures et visites d’ateliers qui réunit artistes, responsables de collections publiques, collectionneurs, éditeurs, graphistes, libraires, critiques et commissaires.
Toutes ces manifestations sont autant de rendez-vous qui abordent les grandes tendances de la photographie contemporaine et questionnent ses dispositifs de valorisation et de diffusion.
Le festival dépend de l'association Photo Saint-Germain-des-prés, présidé par Benoît Sapiro, directeur et fondateur de la galerie Le Minotaure.
La Galerie du Crous de Paris présente les travaux de Philippe Calia, Victoire Thierrée, Alexandra Dautel et Elliott Verdier, dans l'exposition "Ailleurs est imminent". Après l’exposition Lire les lignes du monde en 2023 et …toutes les histoires possibles… en 2024, PhotoSaintGermain s’associe pour la troisième fois au Centre national des arts plastiques pour une exposition collective à la Galerie du Crous de Paris. Les projets de Philippe Calia, Victoire Thierrée, Alexandra Dautel et Elliott Verdier sont rassemblés ici autour d’une pratique commune : la collecte de signes, dans des territoires réels ou imaginaires, tous chargés d’histoire. Ces quatre artistes explorent à leur façon des espaces façonnés par des divisions culturelles, sociales ou historiques, et s’attachent à déconstruire les luttes qui y cohabitent. Si certains de ces lieux photographiés sont au cœur de tensions géopolitiques bien réelles, leur travail ouvre une réflexion sensible sur la part de fiction que recèlent les récits qui nous parviennent ‑ qu’ils soient historiques ou artistiques. En recherchant des traces tangibles dans le paysage, ils nous entraînent alors dans une forme d’enquête qui questionnerait l’existence même de la mémoire des lieux. Leurs approches documentaires nous invitent à percevoir le temps comme une matière vivante et personnelle.
Galerie du Crous de Paris — PhotoSaintGermain
La Galerie Berthet-Aittouarès propose une exposition autour des artistes Letizia Battaglia et Franco Zecchin, intitulée "Chroniques siciliennes". Juste mise en lumière, Letizia Battaglia est célébrée cette année aux Rencontres Photographiques d’Arles avec une importante exposition. Dans le cadre de PhotoSaintGermain, la galerie Berthet-Aittouarès a choisi de présenter les photographies de Battaglia et Zecchin, un couple de photographes reporters, qui ont couvert les années 80, années sombres de la Sicile, sous l’emprise de cosa nostra. Née à Palerme, Letizia Battaglia (1935-2022) est l’une des premières femmes photojournalistes à s’imposer à l’égal de ses confrères. Femme d’exception, passionnée, engagée, animée par un idéal de justice et de démocratie, elle a combattu la mafia, choisissant pour arme son appareil photo. En 1975, elle rencontre Franco Zecchin et c’est en couple qu’ils travaillent à partir de cette date pour la presse nationale (notamment pour L’Ora) et internationale à qui ils livrent leur regard sur la société palermitaine ravagée par les meurtres et règlements de compte mafieux. La Sicile vit alors au rythme d’une violence sanguinaire causée par cette « deuxième guerre de la Mafia » (1981-1992), jugement des 100 mafieux et de la vendeta qui cause la mort des juges Falcone et Borselino. La quarantaine de photographies noir et blanc présentées sont des vintages de 1970 à 1990. Battaglia et Zecchin portent chacun leur regard propre sur leur époque et c’est cette réciprocité du regard qui se manifeste dans l’exposition.
Galerie Berthet-Aittouarès — PhotoSaintGermain
Enfin, la Galerie Madé expose les travaux d'Alexandre Silberman, dans l'exposition "Nature". Ici, non loin de Paris, furent des marais, devenus plaine maraîchère de l’un des plus grands territoires agricoles d’Europe. Entre 1952 et 1972 s’y implantèrent Tsiganes venus d’Andalousie, mais aussi Roms d’Europe de l’est, Portugais, Algériens, Marocains, Tunisiens, Yougoslaves, ainsi que quelques familles françaises, dans des conditions insalubres, au sein de ce qu’on appelait le bidonville de la Campa. Aujourd’hui se dresse l’un des plus grands parcs artificiels d’Europe, enclavé dans l’une des zones les plus urbanisées de France, où tout vise à se réapproprier une perspective dégagée des barres d’immeubles qui strient le regard à quelques pas de là. S’étalant sur cinq communes, il impose son opulent paysage à celui brut et sec de la périphérie parisienne. Si NATURE il y a, c’est dans un double jeu de langage : celle, premièrement, clôturée, aménagée, structurée par les paysagistes puis réinterprétée par les occupants. Ici se confrontent et se mêlent dense végétation et sculptures en pierre, bois sombres et tracés clairs, modernité des pratiques et puissance primitive des arbres. À travers la dualité constitutive du parc se révèle alors le for intérieur des êtres qui le traversent, leur nature dans un sens second. Espace enclavé, mais espace de liberté, il crée son autonomie et son indépendance esthétique à la fois par sa porosité et son opacité. Et dans le silence du lieu, la contemporanéité s’enfonce dans cet espace hybride comme dans un envers originel.
Galerie Madé — PhotoSaintGermain
Point de rendez-vous au : 14 rue Bonaparte
75006 Paris
